Marie MEULIEN

L’état de la ligne. Pour vu.

Exubérantes pendantes lourdes emmêlées,
mal tendues dans l’air gris.
Véhémentes brouillonnant à l’assaut du moindre mât.
Impassibles sourdes courant suspendues
à tant de suppliques.
Pourvu que la ligne ne soit pas coupée.
Pourvu que l’ampoule brille dans le foyer et que s’éclaire l’échoppe.
Pourvu que le feu passe au vert...
Lignes rayant tout ce qui se regarde.
Pour vu.

Au Népal, les grandes centrales hydroélectriques sont financées par des groupes indiens. 80 % de la production est exportée en Inde. Les 20% restants sont loin de couvrir la demande des Népalais. À Katmandou, les coupures peuvent aller jusqu’à 16 heures par jour. Expression du désarroi économique du pays, les lignes électriques sont paradoxalement partout : rayant ciel, pagodes et façades..., et complexifiant tout ce qui se regarde. Parfois, à la faveur d’une fenêtre qui s’entrouvre, un jeu de miroir vient se poser sur la ligne tel l’oiseau sur le fil. Un instant, on croit voir briller la lumière. Mais ce n’est que le sourire de cette jeune fille qui là-haut - déjà - referme sa fenêtre.

TIRAGES AUX ENCRES PIGMENTAIRES SUR PAPIER FINE ART SOMERSET VELVET, RÉALISÉS PAR LE STUDIO L’OEIL ECOUTE. LA SÉRIE COMPLÈTE COMPREND 10 PHOTOGRAPHIES.

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